L’importance de l’emplacement des éléments d’actif
jeudi le 6 décembre 2007

Nous comprenons tous l’importance de l'emplacement lors de l’évaluation de la valeur future éventuelle d’une propriété. Une analogie similaire peut d’ailleurs être établie pour vos placements. Évidemment, il n’est pas question de l’emplacement géographique, mais plutôt du type de compte de placement. Où l’on investit peut avoir des répercussions considérables sur la valeur future de son portefeuille.

Les portefeuilles de placement sont généralement divisés en deux grandes catégories d’actifs : les actions et les revenus fixes. Alors que les placements en actions sont assortis d’une volatilité accrue en matière de rendements à court terme, ils donneront de meilleurs résultats que les revenus fixes à long terme. Le pourcentage alloué à chaque classe d’actif sera conditionné par vos objectifs, votre âge, votre tolérance au risque et vos exigences en matière de revenus. Outre les rendements et la volatilité, une autre différence notable entre les deux catégories d’actifs réside dans la façon dont sont imposés leurs rendements ou revenus respectifs. Les placements en actions génèrent des dividendes et gains en capital qui profitent d’une imposition plus avantageuse que les revenus d’intérêt générés par les placements à revenu fixe. En 2007, les taux marginaux d'imposition les plus élevés au Nouveau-Brunswick sont de 46,95 % pour les intérêts, 23,18 % pour les dividendes admissibles et 23,48 % pour les gains en capital. C’est cette différence considérable entre les montants d’imposition par rapport au type de revenu qui rend « l’emplacement des éléments d’actif » aussi important.

De manière générale, les investisseurs comptent deux « paniers » où sont détenus leurs placements : un compte REER et un compte non enregistré (imposable). Dans un compte REER, les revenus croissent sans être imposés; les retraits le seront à titre de revenu régulier. Les revenus gagnés dans un compte non enregistré (imposable) sont traités différemment. Dans ces comptes, c’est le contraire : le revenu et les gains de l’année civile sont imposés annuellement, mais les retraits ne le seront pas.

Du point de vue fiscal, que les revenus des REER proviennent d’intérêts, de dividendes ou de gains en capital ne devrait pas avoir d’importance parce que ces montants ne sont pas imposés, d’une part, et que les retraits le sont à titre de revenus réguliers, d’autre part, et ce, peu importe la façon dont les revenus ont été générés. Dans le cas des comptes non enregistrés (imposables), la perspective est tout autre. Comme nous l’avons expliqué, les dividendes et les gains en capital, qui sont générés par des placements en actions, sont imposés de façon beaucoup plus avantageuse que les revenus d’intérêt. Par conséquent, dans les comptes non enregistrés, on devrait, en règle générale, essayer de détenir des placements en actions seulement pour profiter de cette forme d’imposition avantageuse. Par ailleurs, il convient, dans la mesure du possible, de détenir les placements portant intérêt, notamment les obligations et les CPG, dans des comptes enregistrés (REER, FERR).

Porter attention au rendement de ses impôts peut avoir des répercussions considérables. Sur une période de quinze ans, la valeur après impôt peut être de 10 % à 15 % de plus si le portefeuille est bien constitué, par rapport à un portefeuille qui n’est pas fiscalement efficace.

L’exemple ci-dessus illustre le concept de façon élémentaire. En réalité, pour les investisseurs qui ont un avoir net considérable, parmi les « paniers » ou les « emplacements » où les placements peuvent être détenus figurent également une société de portefeuille, une assurance-vie universelle, une fiducie familiale et d’autres types de comptes. L’imposition des placements dans ces différents « paniers » doit être prise en compte au moment de la constitution d’un portefeuille fiscalement efficace.

Les gens accordent beaucoup d’attention au rendement nominal de leurs placements. Toutefois, comme vous pouvez le constater, d’autres facteurs sont déterminants de ce qu’il restera après impôt, entre autres, l’emplacement des éléments d’actif. Luc Gaudet, CFA, est vice-président et directeur général de Placements Louisbourg Inc.


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