Daniel Audet : « Ne pariez pas sur le fait d’être non assuré »
2020-10-19 00:00:00

Du point de vue du consommateur, la principale erreur en assurance vie doit être de choisir de parier sur le fait d'être non assuré (ou sous-assuré).
LIMRA a indiqué il y a un an, en 2019, que 32 % des ménages canadiens n'ont pas de couverture d'assurance vie, alors que 56 % des ménages canadiens n'ont pas de couverture assurance vie individuelle. Tout le monde reconnaît qu'il y a des choses plus agréables à considérer et à aborder que le risque de mourir prématurément, et c'est peut-être la raison pour laquelle tant de Canadiens hésitent à faire une évaluation adéquate. Il est fort probable que cette observation découle d'un manque de connaissance du risque et de la perte qui y est associée. De nombreux Canadiens ne se considèreraient pas nécessairement comme des parieurs, alors que l'approche choisie, qui consiste à ne pas acheter d'assurance (ou à ne pas en avoir suffisamment), est très similaire à celle du comportement d'un parieur. Le parieur "investit" un petit pari avec une faible probabilité d'un gain important. En comparaison, le parieur non assuré "économise" en payant une petite prime en espérant qu'il ne mourra pas avec une charge financière importante. Les deux types de parieurs ont de petits montants investis en comparaison de ce qui est en jeu, et la probabilité de l'évènement, bien que relativement faible, peut avoir un impact significatif. Ils se situent juste aux deux extrémités du spectre : le joueur de casino qui espère un gros gain, et le joueur de vie qui néglige de considérer la perte financière majeure.
Fermer l'œil sur les besoins de payer les derniers frais, le remplacement revenu, la protection hypothécaire ou de payer les factures de la succession, et choisir de ne pas s'assurer (ou sous-assuré) est essentiellement comme parier sur l'état financier des êtres chers laissés derrière. Lorsqu'on leur demande pourquoi ils ne possèdent pas d'assurance vie, plusieurs Canadiens ont déclaré qu'ils n'en avaient pas les moyens (27 %) ou qu'ils avaient d'autres priorités financières (25 %). La véritable raison se résume à ne pas bien comprendre le risque et ses conséquences. Je "parierais" que, face aux faits, la plupart des Canadiens mitigeraient leur risque, laisseraient le besoin d'assurance monter dans leur échelle de priorités et choisiraient de ne pas être parieurs.